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Si...

Un célèbre poème de Rudyard Kipling... qui en plus de sa beauté, nous pousse à réfléchir sur l'équilbre...

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent;
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.

Rudyard Kipling


Qu'en penses-tu?...

Commentaires

1. Le lundi 29 mai 2017, 22h10 par keji777

Bonjour Djehouty!
Voila une bonne trame de Travail à faire sur soi pour se rapprocher de l’Équilibre! Je pense que ce poème rassemble les vertus nécessaires pour devenir Homme comme la Courage, la Tempérance, la Prudence, la Justice, l'Humilité, le Respect, le Sagesse..Très intéressant comme base de travail pour celui qui souhaite développer l’Équilibre.

2. Le vendredi 10 novembre 2017, 18h58 par Office

Bonjour,

ce père est comme un musicien qui apprend ses gammes à son fils pour jouer juste. Les oiseaux ont deux ailes pour voler, comme le musicien a deux mains pour jouer, et ce poème est une suite de conseils, d’un père aimant afin que son fils puisse "voler de ses propres ailes", effectivement symbole d’équilibre, signe de sagesse au sein d’un monde en mouvement ("rencontrer Triomphe après Défaite").

Il y a bien l’expression "avec des "si" on mettrait Paris dans une bouteille", ce qui est d’autant plus drôle, qu’une des hypothèses de l’origine des parisii est associée à Isis...

Je n’ai pas tout compté, mais je pense que chaque quatrain est composé de trois alexandrins et un vers de huit syllabes, soit quarante quatre par quatrain. Les huit quatrains me font donc penser à l’Octave.
Le poème est comme une transmission de l’esprit d’une "virilité", au sens de valeurs ou vertus énumérées par keji777. Je ne connais pas le solfège, mais il me semble d’ailleurs que cette septième note de l’octave "si" sonne comme le do de l’octave supérieur, quand elle est dièse, dont le signe est comme un carré. Peut-être que la poésie est un peu comme la musique, tout au moins par le rythme, mais le moins que l’on puisse dire de celle-ci, c’est que le titre "donne le ton"...

La troisième lettre grecque Gamma a donné le mot gamme, appelée parfois échelle (diatonique, chromatique…) pour la musique. En tant que note, "SI" viendrait des initiales "Sancte Ioannis", "Saint Jean"... l’Aigle.

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